GEAL:
Espace "Membres": Paléographie :
GÉNÉRALITES
La paleographie est l'étude des textes et ecritures anciennes, bien souvent difficiles à déchiffrer. Il faut savoir qu'aux époques reculées dont ces textes sont issus, la plupart des gens ne savaient ni lire ni écrire. On se servait donc d'un scribe comme intermédiaire. C'est je pense la raison principale pour laquelle ces documents semblent provenir d'époques différentes par la manière dont ils se présentent. Car en plus des écritures qui évoluent et changent, chaque écrivain avait sa propre écriture. Pour s'en convaincre, il suffit de comparer à notre époque par exemple les écritures de médecins, dont on se demande parfois comment les pharmaciens arrivent à déchiffrer le sens, et même nos propres façons d'écrire suivant que nous nous appliquions ou que nous "griffonions" rapidement sur le papier.
Parfois, en présence d'un texte, on se demande comment arriver ne serrait-ce qu'à le lire. Il existe bien évidemment une méthode qui nous permettra d'y arriver. C'est ce que nous allons essayer d'appliquer.
Mais en plus de cela, nous aurons besoin de quelques indications sur la façon d'écrire les lettres, sur le sens de certaines abréviations. Nous pouvons déja ici faire une remarque générale sur la manière dont les lettres sont formées. Nous constaterons rapidement que la même lettre, dans le même texte, peut parfois avoir des formes différentes. Et pourtant, c'est la même personne qui a écrit tout le texte. Cependant, la plupart du temps, une lettre est toujours tracée de la même façon dans tout le texte. Ceci nous permet également parfois de nous rendre compte que c'est vraisemblablement le même scribe qui a écrit plusieurs textes.
Enfin, lorsque nous déchiffrons des registres paroissiaux, et même parfois dans d'autres textes, nous sommes confrontés à des expressions latines utilisées parfois dans des textes notariaux ou de cours de justices. Le seul recours à ce moment est le compagnonnage d'un disctionnaire latin. Ceci ne facilitera évidemment pas la compréhension du texte car nous serons amenés parfois à constater que nous avons besoin du sens du texte pour confirmer notre approche du mot.
MÉTHODE
Pour entreprendre la "traduction", ou plus exactement la translation des textes anciens, un matériel de base est nécessaire. Il nous faudra nous munir d'une bonne loupe, ni trop grande, surtout ni trop petite. Nous constaterons rapidement que l'aggrandissement du mot cherché nous permet souvent d'en mieux définir le contour des lettres. Et à ce propos, scanner un texte puis le projeter sur son écran en l'agrandissant nous apporte parfois des réponses à nos questionnements.
Il est indispensable également de se munir d'un bon crayon ; le bic ou stylo encre est à proscrire car les corrections sont trop difficiles à faire. Ceci sous-entend évidemment qu'il nous faudra posséder une bonne gomme.
Dans la mesure du possible, si vous n'êtes pas à domicile, emportez avec vous du papier transparent sur lequel vous pourrez recopier un mot introuvable et que vous pourrez essayer de déchiffrer par après. Le papier transparent vous permettra de copier exactement le mot.
Enfin, avoir à portée de main l'un ou l'autre dictionnaire soit de vieux français, de généalogie ou même du parler local pourra nous être très utile.
Avant de commencer, bien numéroter toutes les lignes.
Lorsque nous nous trouvons devant un texte, mon expérience personnelle me permet de constater que la meilleure méthode est de ne pas vouloir faire du mot à mot immédiatement si l'écriture est trop difficile. Je parcours d'abord tout le texte en m'arrêtant et notant les mots qui sont incontestables. Ensuite partant de ces mots, je vois comment sont formées les lettres de ces mots que je trancris sur un tableau. Ainsi, au fur et à mesure des lectures suivantes, m'aidant de ce tableau, je puis de plus en plus trouver de mots, et donc de plus en plus trouver de lettres. Le sens des phrases m'aide alors à combler les trous qui restent dans le texte, facilitant de plus en plus la leture des mots inconnus.
En même temps, il faut savoir que lorsqu'un mot nous résiste vraiment, le plus simple est d'essayer de le déchiffrer en commençant par la dernière lettre et en remontant jusqu'au début du mot. Pour cela, il est utile de savoir découper le mot en son nombre de lettres. Ce n'est pas toujours évident, mais comme pour le texte, bien souvent le fait d'avoir trouvé à peu près toutes les lettres qui le composent nous révèle celles que nous ne connaissons pas.
Il n'est pas étonnant de constater que au dela de l'écriture, l'orthographe risque,aussi de nous poser problème. C'est ainsi que l'on peut trouver un même mot orthographié de plusieurs manières, y compris dans un même texte. Les conjugaisons de l'imparfait, actuellement terminée en ais, ait, etc... se trouvent formées en ois, oit, oient. Ce qui donne parfois ceci : il nioit pour il niait, et tous croioient pour tous croyaient.
La lettre i peut s'écrire i ou ij ou encore y, a l'intérieur des mots ou même en finale. De plus le j est souvent remplacé par i comme dans adiourné, iuré ou encore ie qu'il faut lire juré, adjourné et je.
La lettre u, parfois confondue avec le v, sert pour exprimer u ou v indifféremment. Une difficulté supplémentaire est liée à la lettre u qui, avec ses deux jambages, peut se confondre avec le n. C'est ainsi que le mot un s'écrira ung et ressemblera facilement a vug. Au passage, remarquons le g final que l'on retrouve parfois dans ioingt qui signifie joint.
Des ajouts de lettres sont fréquents comme la forme scavoir pour savoir, faict pour fait et escrire pour écrire.
Il n'est pas toujours facile de distinguer le s du f : le s a sa courbe inférieure vers la gauche formant un genre de 8 allongé, tandis que la courbe du f se trouve du même côté que la courbe supérieure. De plus, dans le f, on trouve régulièrement un trait horizontal au centre de la lettre.
Le s final est souvent différent du s dans le corps du mot. Le s final pour marquer le pluriel ressemble souvent à notre lettre z : exemple, jurez et examinez pour jurés et examinés.
Les derniers mois de l'année se retrouvent sous la forme 7bre, 8bre, 9bre et Xbrequ'il faut lire septembre, octobre, novembre et décembre. Attention, on se laisse facilement abuser par le chiffre et l'on se trompe en écrivant par exemple 8/9/1760 pour 8 9bre 1760 qui exactement signifie 8/11/1760.
Toutes ces notes ne sont pas exhaustives et il est conseillé, chaque fois que l'on rencontrera une forme inconnue, de la noter pour se fabriquer soi-même un memento personnel. Il en va de même pour les lettres.
Voici un aperçu de ce que nous pratiquons dans nos « cours » de paléo qui se donnent au local une semaine sur deux. Je serai très heureux de connaître votre avis à ce propos et pourquoi pas, de vous retrouver à l'occasion de nos rencontres.
Exemple de module: TEXTE 5
Contact: Jean Van Ham: Quai Orban 10 boîte 72 - BE 4020 LIEGE - Tél :0498/101982 et E-mail : jean.vanham@teledisnet.be
Texte n° 5
Le texte 5, ci-dessus accessible, n'est qu'un exemple de ceux examinés lors du cours de paléographie donné au club par Jean Van Ham.

